
Raphaël Pirro
31 mars 2026
OTTAWA | Le promoteur Alto s’est trouvé un nouvel ennemi : Pierre Poilievre promet de mettre un frein au mégaprojet de train à grande vitesse (TGV) qui doit relier Québec à Toronto si le Parti conservateur du Canada (PCC) prend le pouvoir.
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Le chef conservateur craint que le TGV ne devienne un nouveau « fiasco » du fédéral dont la facture pourrait atteindre les 90 milliards $ sur des décennies, sans inclure les dépassements de coûts potentiels.
« Le TGV, c’est un projet libéral qui va coûter 8000 $ pour chaque famille canadienne », a lancé M. Poilievre, qui n’hésite pas à parler de « monstruosité ».
Le promoteur Alto estime que la facture devrait être entre 60 milliards $ et 90 milliards $ mais rappelle qu’il est trop tôt pour connaître le coût réel du TGV à ce stade-ci des travaux.
En plus du coût total, Pierre Poilievre soutient que le gouvernement, propriétaire de l’infrastructure, subira des pertes d’exploitation annuelles. Selon lui, le prix des billets sera trop élevé pour assurer la rentabilité à long terme.
Le gouvernement fédéral et Alto prévoient plutôt des retombées économiques significatives pour l’économie canadienne. Ottawa a chargé Alto de proposer des prix compétitifs sur le marché.
Illustration Alto
Prenant la parole sur une ferme de Peterborough, une des trois villes ontariennes où le train prévoit de s’arrêter, le chef conservateur a dénoncé qui nécessiterait un nombre important d’expropriations.
« Les Québécois ont déjà joué dans le mauvais film libéral en 1969. Les libéraux avaient exproprié plus de 100 000 acres de terres agricoles pour faire la construction de l’aéroport de Mirabel en plein milieu du corridor Montréal-Ottawa », a déclaré M. Poilievre mardi.
La suite de l’histoire est connue : près de 90 % des terres expropriées n’ont jamais servi puisque le projet d’en faire le grand aéroport international n’a jamais pris son envol.
La ville de Mirabel, où se trouvent encore de nombreuses terres agricoles, est aujourd’hui sur le tracé préliminaire d’Alto. Des propriétaires terriens de la région, dont certains sont issus de familles ayant connu l’expropriation des années 1970, commencent à se liguer contre le projet.
L’Union des producteurs agricoles a décidé la semaine dernière qu’il s’opposait officiellement contre le TGV. Le président Martin Caron a même dit que l’organisation serait prête à épauler ses membres dans d’éventuelles contestations judiciaires.
