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Plus de la moitié des stations du métro de Montréal sont jugées vétustes

Jeanne Corriveau

19 mars 2026

Le réseau du métro de Montréal continue de se dégrader. Québec considère maintenant que plus de la moitié des stations du réseau souterrain sont en mauvais état.

Le Plan annuel de gestion des investissements publics en infrastructures du gouvernement du Québec (PAGI) déposé mercredi révèle que 51 % des stations de métro, soit 35 sur 68, obtiennent désormais les cotes « D » et « E », qui témoignent de la vétusté des infrastructures. L’an dernier, 31 stations du métro étaient considérées comme étant en mauvais état.

« La dégradation observée s’explique principalement par la détérioration d’éléments tels que des poutres, des dalles et d’autres composantes structurales critiques jugées en mauvais état à la suite du rapport réalisé en 2025 sur cinq stations de métro, soit Radisson, Verdun, Namur, De Castelnau et De la Savane », indique le document rendu public mercredi en marge du dépôt du budget du gouvernement de François Legault. « Ces constats mettent en lumière l’importance d’intervenir rapidement pour assurer la fiabilité et la sécurité du réseau. »

On y souligne aussi que la STM a « déployé plusieurs mesures visant à atténuer les risques, notamment par l’installation d’étaiements (structures temporaires de soutien), de grillages et d’autres dispositifs de protection, afin d’assurer la sécurité des lieux ».

Lorsque les mesures de sécurisation s’avèrent impossibles, les lieux sont fermés au public, mais en 2025, aucune station n’a été fermée, précise-t-on.


Quant aux tunnels et aux autres structures auxiliaires, tels que les bâtiments de service qui abritent les équipements de ventilation ou d’alimentation électrique, ils ne se portent pas mieux. Une part de 38 % des tunnels est en mauvais état, et 60 % des structures auxiliaires reçoivent la même note. Un grand nombre de structures auxiliaires du métro ont dépassé leur durée de vie utile, indique le PAGI.

Un sommet de dégradation

Globalement, 46 % des actifs du métro, qui fête son 60e anniversaire cette année, sont classés en mauvais ou très mauvais état. Ce constat fait dire à la Société de transport de Montréal (STM) que la proportion des actifs en mauvais état du métro « dépasse pour la première fois celle du réseau routier ».

« Nous atteignons un nouveau sommet de dégradation de nos actifs. Les impacts de cette situation sont déjà tangibles : hausse des pannes, fermetures d’infrastructures pour travaux d’urgence et pression croissante sur les coûts d’entretien, ce qui est vraiment préoccupant. On ne peut pas laisser l’infrastructure de transport la plus importante du Canada se détériorer de la sorte », a soutenu le président du conseil d’administration de la STM, Aref Salem, par voie de communiqué.

La société de transport déplore d’ailleurs le statu quo du gouvernement quant aux sommes consacrées au maintien d’actifs, qui demeureront les mêmes pour les cinq prochaines années. Sur 10 ans toutefois, la STM note une augmentation par rapport au Plan québécois des infrastructures (PQI) précédent. Dans son mémoire prébudgétaire, la STM réclamait l’atteinte d’investissements de 669 millions en 2030.

L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) insiste aussi sur l’importance des investissements dans le maintien des actifs. « Il n’existe aucun raccourci : sans investissements suffisants, le réseau se détériore avec des conséquences bien réelles », rappelle son directeur général, Benoît Gendron.

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Entente Québec-Ottawa

L’Association du transport urbain du Québec, qui représente les 10 sociétés de transport en commun québécoises, regrette que le gouvernement du Québec n’ait toujours pas conclu d’entente avec Ottawa pour l’octroi du fonds fédéral destiné au transport collectif au pays.

De son côté, l’Alliance Transit ne cache pas sa déception à la suite du dépôt du budget. Les sommes destinées à la bonification du transport collectif ont été réduites à 9,3 milliards pour les 10 prochaines années. Cette coupe s’explique toutefois en partie par le devancement d’investissements, dont 1,4 milliard pour le prolongement de la ligne bleue, souligne l’organisme.

L’Alliance Transit note par ailleurs qu’une part de 73,6 % des investissements prévus en transport par Québec est réservée au réseau routier, ce qui représente le « pire ratio depuis 2014 », même si, dans le passé, Québec s’était engagé à atteindre un équilibre 50-50.

© 2025 Association pour le transport collectif de Laval.

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