top of page

Ottawa devra aussi sortir le chéquier, prévient Geneviève Guilbault

Henri Ouellette-Vézina

Mar 20, 2024

Accusée de manquer d’ambition pour le transport collectif, la ministre Geneviève Guilbault rétorque que le « désengagement » du gouvernement fédéral n’aide pas à dénouer l’impasse. Elle presse Ottawa d’en faire plus dans la situation actuelle.


« Ça fait un moment que j’essaie d’expliquer aux gens qu’on est les seuls à soutenir encore généreusement le transport collectif. Le gouvernement fédéral a soutenu l’industrie pendant la pandémie, mais ensuite de ça, il s’est complètement désengagé », a-t-elle soutenu mercredi, en entrevue avec La Presse.

Elle affirme avoir vu d’un « très bon œil » la sortie des sociétés de transport de Toronto, Montréal et Vancouver, qui ont réclamé mardi à Ottawa de devancer le financement promis dans le nouveau Fonds permanent pour le transport en commun.

Ces sommes doivent être versées en 2026, mais les transporteurs aimeront le voir naître « au début de 2024 », soit dès maintenant. « Le dernier programme était 2023 et le prochain en 2026. Ça veut dire que pendant trois ans, en plus de ne pas financer l’exploitation, Ottawa n’aura pas financé de projets d’infrastructures, tout en ayant un discours très vert », dénonce Mme Guilbault.

Elle dit avoir fait valoir cet argument le 22 février dernier, lors de la rencontre annuelle des ministres des Transports, en présence de son homologue fédéral, Pablo Rodriguez.

Des audits, des solutions ?

Tout cela survient alors qu’au Québec, de nouvelles négociations doivent avoir lieu entre le gouvernement et les sociétés de transport pour trouver une voie de passage en vue d’un cadre de financement « récurrent et prévisible » sur cinq ans. L’an dernier, les discussions s’étaient terminées abruptement.

Dans le budget du gouvernement, la somme prévue sur 10 ans dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) n’a pas bougé pour les transports en commun, demeurant à 13,8 milliards, au même niveau que l’an dernier. La manière dont cette somme sera ventilée demeure méconnue.


« Nous sommes particulièrement inquiets du désengagement dans le transport collectif, alors que c’est un service essentiel pour la population », avait d’ailleurs réagi la mairesse de Montréal et président de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), Valérie Plante, en utilisant le même genre de discours.

Québec affirme que plus de détails seront dévoilés après les audits de performance en cours sur les sociétés de transport, qui doivent s’achever cet été. « Je veux toujours mon entente sur cinq ans, mais il faut voir de quelle façon on peut réorganiser les choses pour réduire les déficits », plaide Mme Guilbault à ce sujet.

« Les audits vont nous donner des pistes, en parallèle avec tous les travaux d’optimisation qu’on mène. Tout ça est en cours, mais ce qui est certain, c’est que ce n’est pas au gouvernement de financer des déficits structurels sur lesquels on n’a aucune incidence », conclut-elle.

bottom of page