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L’est de Montréal n’en peut plus d’attendre son tramway

Jeanne Corriveau

23 mars 2026

Les résidents de l’est de Montréal pourront-ils monter à bord d’un tramway un jour ? Québec n’a toujours pas confié le dossier du Projet structurant de l’est (PSE) à sa nouvelle agence Mobilité Infra Québec (MIQ). Bien que le projet apparaisse toujours dans le Plan québécois des infrastructures déposé mercredi par Québec, les gens d’affaires et les citoyens de l’Est s’impatientent. Le p.-d.g. de la Société de développement Angus, Christian Yaccarini, lui, croit que le PSE est mort et que c’est d’un train léger, et non d’un tramway, que l’Est a besoin.

Dans l’est de Montréal, l’exaspération ne cesse de grandir. « On dirait qu’on retombe dans un scénario ligne bleue. Depuis 2018 qu’on travaille sur le projet. Et aujourd’hui, j’ai l’impression d’être plus loin d’un projet qu’en 2022, avant que le gouvernement le retire de la Caisse de dépôt », souligne Jean-Denis Charest, p.-d.g. de la Chambre de commerce de l’est de Montréal (CCEM), en entrevue.

Rappelons qu’au fil des ans, le PSE a connu plusieurs péripéties. Avec son Réseau express métropolitain (REM) de l’Est annoncé en 2020, la Caisse de dépôt prévoyait un train léger reliant le centre-ville de Montréal à Pointe-aux-Trembles avec une antenne vers le nord. Les structures aériennes au-dessus du boulevard René-Lévesque avaient suscité un tel tollé que le gouvernement de François Legault avait renoncé au projet et choisi de transférer le dossier à l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).

Une nouvelle version du projet, dévoilée par l’ARTM en 2023, préconisait un train léger entièrement souterrain pour un coût de 36 milliards. Fin mai 2024, l’ARTM avait finalement présenté un projet plus modeste, soit un tramway avec un tracé de 31 kilomètres se rendant jusqu’à Repentigny au coût estimé de 18,6 milliards.

Décret à venir

Le PSE devait être le premier mandat à être confié à MIQ. C’est plutôt de celui du tramway de Gatineau que l’agence a hérité. Le cabinet du ministre des Transports, Jonatan Julien, affirme que le décret pour le transfert du dossier à MIQ est en cours de rédaction et qu’il sera pris « en temps et lieu ». « Il n’y a pas de retard dans le projet, et MIQ est prête à prendre en charge le dossier », a soutenu dans un courriel le cabinet du ministre.

Du côté de MIQ, on n’attend que le signal du gouvernement. « Nos équipes sont déjà opérationnelles et prêtes à recevoir tout mandat ou décret du gouvernement », indique l’agence.

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Mais le flou entourant le projet est devenu une source d’irritation. « Comment peut-on faire la planification urbaine de l’est de Montréal quand un morceau si central est constamment ralenti ? » se demande Jean-Denis Charest.

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Inquiet pour l’avenir du projet, il a sollicité une discussion avec la p.-d.g. de MIQ. La conversation avec Renée Amilcar a calmé certaines de ses préoccupations. MIQ a procédé à des embauches et compte maintenant une vingtaine d’employés. « Je ne comprends pas pourquoi on tarde autant à transférer le dossier à MIQ, surtout si MIQ est prête à le prendre en charge. Si ça prend un décret, qu’on le signe et qu’on avance ! »

Projet inapproprié

Christian Yaccarini est encore moins optimiste que M. Charest. « Il n’y a plus de projet », souligne-t-il, exaspéré. Selon lui, un tramway n’est pas le mode approprié pour l’Est. « Un tramway, grosso modo, va à la vitesse d’un autobus. Comme le territoire qui est grand, la vitesse de déplacement devient un enjeu fondamental. On va dépenser des milliards de dollars pour un tramway qui ne répondra pas aux besoins du territoire », dit-il en vantant l’« efficacité extraordinaire » du REM entre Brossard et Deux-Montagnes, malgré ses pannes.

L’Est a besoin d’un mode de transport semblable au REM, avance-t-il. Selon lui, le train léger pourrait être connecté à la gare de Pointe-aux-Trembles, de la ligne du train de Mascouche, pour se rendre à la station Radisson de la ligne verte du métro. Une autre antenne pourrait aller jusqu’au collège Marie-Victorin en passant par l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Le contexte budgétaire difficile pour le transport collectif ne semble pas propice à la concrétisation du projet. « Ça va prendre un nouveau gouvernement pour relancer ça », croit M. Yaccarini en évoquant les élections provinciales prévues en octobre.

Du côté des citoyens, l’impatience se fait sentir. « Il faut que ça se fasse. Dans l’Est, on le veut ! C’est un travail qui doit être lancé au plus sacrant », dit Daniel Chartier, vice-président du Collectif en environnement Mercier-Est. Lui aussi est d’avis que l’élection de l’automne pourra donner une nouvelle impulsion au projet. Son groupe entend bien rappeler aux partis l’importance du PSE.

© 2025 Association pour le transport collectif de Laval.

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