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Financement du transport collectif : Québec et Ottawa toujours incapables de s’entendre

Olivier Lemieux

31 mars 2026

Le nouveau Fonds pour le transport en commun du Canada (FTCC) entrera en vigueur mercredi au pays. Dès le 1er avril, les provinces pourront se partager une enveloppe de 25 milliards de dollars, mais faute d’une entente-cadre avec Ottawa, le Québec est exclu de la manne.

C’est totalement inacceptable! tonne Samuel Pagé-Plouffe, coordonnateur de l’Alliance TRANSIT, qui vise à favoriser le développement et l’amélioration des services de transport collectif au Québec.

Alors que le gouvernement Legault coupe dans les programmes de soutien au transport en commun et retarde des projets structurants comme le tramway de Gatineau, Samuel Pagé-Plouffe estime urgent de garantir la part du Québec dans les nouveaux investissements fédéraux.

On ne peut pas se permettre de laisser de l’argent dormir à Ottawa.

Une citation deSamuel Pagé-Plouffe, coordonnateur de l’Alliance TRANSIT

L’entrée en vigueur du Fonds pour le transport en commun du Canada (FTCC) n’est pas une surprise, puisqu’elle avait été annoncée sous le gouvernement de Justin Trudeau en 2024.


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Il s’agit du principal outil proposé par le gouvernement fédéral pour financer le transport collectif au cours de la prochaine décennie.

Des milliards déjà annoncés

L’ensemble des provinces canadiennes, à l’exception du Québec, a déjà confirmé près de 4 milliards de dollars en financement de base dans le FTCC.

Sans surprise, c’est l’Ontario qui obtient la part du lion, avec plus de la moitié des sommes approuvées par Ottawa.


Le premier ministre du Canada, Mark Carney, et le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, lors d'une conférence de presse l'automne dernier. (Photo d'archives)Photo : Reuters / Carlos Osorio


Un autre volet du Fonds, destiné aux régions métropolitaines, est aussi accessible. La grande région de Vancouver s'est par exemple garanti un investissement de 1,5 milliard de dollars d’ici 2035.


L’entente vise à assurer un financement stable et prévisible pour le développement du transport en commun vancouvérois.

Tramway de Québec

L’incapacité des gouvernements Legault et Carney d’en venir à une entente est d’autant plus inexplicable que les caquistes demandent justement à Ottawa d’assumer 40 % de la facture finale du projet de tramway de Québec.


Le ministre provincial des Transports et de la Mobilité durable, Jonatan Julien, demande à Ottawa de bonifier ses investissements en transport collectif. (Photo d'archives)Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Or, en considérant son poids démographique au sein du Canada, le Québec peut espérer toucher environ 5,5 G$ du FTCC, une somme largement suffisante pour régler ce litige et assurer le financement de plusieurs initiatives ailleurs en province.

Le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Guillaume Tremblay, ne blâme pas les parties autour de la table, mais croit que la game politique a assez duré.

C’est une risée partout au Québec. On a besoin de ces sommes-là!

Une citation deGuillaume Tremblay, président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ)

On ne comprend pas que, dans certaines provinces canadiennes, l’argent soit déjà dépensé, s’insurge Guillaume Tremblay. Honnêtement, on pourrait penser qu’en date du 1er avril, c’est justement un poisson d’avril.

Le président de l'UMQ rappelle que l'argent manque au Québec afin de répondre aux besoins d'infrastructures dans les villes.

Une entente avant la fête nationale?

Selon Guillaume Tremblay, si Québec ne s’entend pas avec Ottawa avant les célébrations de la fête nationale, le dossier sera inévitablement éclipsé par les prochaines élections provinciales.

Il faut une entente le plus rapidement possible, avant la fête nationale, plaide-t-il. À un moment donné, ça va faire!

Ce sentiment d’urgence est partagé par Samuel Pagé-Plouffe, de l’Alliance TRANSIT. Le Québec pourrait passer à côté de sommes qui lui sont dues, s’inquiète-t-il.

Le gouvernement de la CAQ a trois mois pour faire œuvre utile et aller chercher les sommes disponibles.

Une citation deSamuel Pagé-Plouffe, coordonnateur de l’Alliance TRANSIT

Le cabinet du ministre provincial des Transports et de la Mobilité durable, Jonatan Julien, n’a pas souhaité commenter la question dans le contexte de cet article.

Son homologue fédéral responsable du Logement et de l’Infrastructure, Gregor Robertson, n’avait pas donné suite à notre demande de commentaires au moment de la publication.

© 2025 Association pour le transport collectif de Laval.

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