top of page

Division aux Communes, malgré un fort appui de la population

Joël-Denis Bellavance

2 avr. 2026

Le Parti conservateur a fait savoir qu’il s’oppose farouchement à ce projet, le qualifiant de « monstruosité » en raison de la facture qui pourrait friser les 90 milliards de dollars. Le Bloc québécois, lui, s’indigne de l’absence de réponses claires concernant le tracé et les possibles expropriations. Le gouvernement Carney maintient toutefois le cap, soulignant que la majorité des Canadiens souhaitent l’aboutissement de ce projet « visionnaire » qui est piloté par la société d’État Alto.

Un nouveau sondage mené par la firme Abacus Data auprès de 1515 Canadiens du 19 au 24 mars démontre que 62 % des Canadiens appuient ce projet et que seulement 18 % s’y opposent, tandis que 20 % affirment être incertains ou souhaitent obtenir plus d’information.

Le ministre des Transports, Steven MacKinnon, s’est porté à la défense du TGV – décrété comme un projet d’intérêt national l’automne dernier par le premier ministre Mark Carney – dans la foulée de la virulente sortie du chef conservateur, Pierre Poilievre, mardi. Ce dernier a promis d’annuler le projet s’il prend le pouvoir aux prochaines élections.

« Les conservateurs préfèrent utiliser ces 90 milliards de dollars pour réduire les taxes, les dettes et l’inflation », a déclaré Pierre Poilievre durant une conférence de presse à Peterborough, l’une villes où l’on doit construire une station du TGV.

Création d’emploi et rapprochement des communautés

Le projet qui est dans les cartons doit relier les villes de Québec et de Toronto par une voie ferroviaire électrifiée de 1000 kilomètres exclusivement réservée aux TGV, avec des arrêts dans les villes de Trois-Rivières, Montréal, Laval, Ottawa et Peterborough.

Le ministre MacKinnon, qui a confirmé récemment que le premier tronçon qui serait construit à partir de 2029 relierait Montréal et Ottawa, a accusé le chef conservateur de « tourner le dos aux Canadiens », de Québec à Toronto, et aux communautés entre les deux.

« Pierre Poilievre démontre, une fois de plus, qu’il n’a aucune vision pour créer des emplois et faire croître l’économie. Depuis des décennies, les Canadiens réclament un réseau ferroviaire interurbain moderne et rapide. Alto est un investissement générationnel qui transformera les déplacements et rapprochera les communautés », a affirmé le ministre MacKinnon dans une déclaration écrite.

Il a ajouté que ce projet permettra d’augmenter le produit intérieur brut (PIB) de 35 milliards de dollars par année et entraînera la création de quelque 51 000 emplois.

« Investir dans le train à grande vitesse, c’est bâtir un Canada plus connecté et plus compétitif, et démontrer que le pays est capable de réaliser de grands projets. Les conservateurs, comme à leur habitude, manquent d’ambition. Se détourner des investissements qui contribuent à bâtir notre nation est un mauvais choix que les Canadiens rejettent à un moment où nous devons construire et croître », a-t-il ajouté.

Le recours à l’expropriation fait douter le Bloc

De passage à Terrebonne, mercredi, afin de donner un coup de pouce à la candidate Nathalie Sinclair-Desgagné, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a affirmé que le gouvernement Carney se comporte de manière autoritaire dans ce dossier, notamment avec l’adoption du projet de loi C-15 mettant en œuvre le budget fédéral, qui contient des clauses touchant les pouvoirs d’expropriation. « On est contre la dérive, ou relent, autoritaire qui est celle qui est utilisée et qui va affecter singulièrement un nombre important de propriétaires dans Terrebonne », a exposé M. Blanchet.

Chez Alto, on tient à rassurer les propriétaires qui pourraient être touchés. On affirme vouloir privilégier les ententes négociées de « gré à gré » avec les propriétaires.

Si le recours à l’expropriation peut être envisagé « de manière appropriée et responsable, ce n’est pas l’approche privilégiée », indique la société d’État.

« Le réseau de train à grande vitesse Alto répond à un besoin réel et aura des retombées économiques, sociales et environnementales significatives pour le Canada. On sait aussi qu’un projet d’une telle ampleur ne se réalise pas sans impacts, qu’Alto devra réduire ou compenser. Les gens ont des questions légitimes et de réelles préoccupations, c’est précisément pour cela que nous avons entamé une première ronde de consultations tôt dans la phase de développement », a indiqué Alto dans une déclaration.

Les consultations publiques de 100 jours sur l’ensemble du tronçon du TGV ont été lancées à la mi-janvier. L’objectif est de faire en sorte qu’un tracé final puisse être déterminé d’ici la fin de l’année.

La participation a été impressionnante : plus de 10 000 personnes ont pris part aux 26 portes ouvertes et 10 séances virtuelles. Plus de 250 000 personnes ont consulté la plateforme en ligne ; et près de 20 000 personnes ont répondu au sondage en ligne, sans compter les 15 000 commentaires qui ont été enregistrés sur la carte interactive.

© 2025 Association pour le transport collectif de Laval.

bottom of page